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RENEWPAC
Ce que j’ai appris de jeunes leaders africains

Moon tide

incredible full moon reflected in the sea at dusk.

© Shutterstock

Lorsque je suis arrivée avec mes amis libéraux d’Allemagne à l’hôtel Marriott à Rabat pour participer au sommet RENEWPAC et au Forum international de la jeunesse libérale, je m’attendais à des échanges stimulants et à des débats sur la coopération économique, la géopolitique, la migration et le populisme.

Ce que j’ai trouvé allait bien au-delà : une famille libérale mondiale dont la résilience et le courage ont profondément élargi et transformé ma compréhension de l’engagement politique.

Quand la liberté devient existentielle

Pendant les journées de conférence, j’ai eu l’honneur de rencontrer des personnalités dont les témoignages m’ont profondément marquée, voire bouleversée.

Je me souviens particulièrement d’un échange avec l’ancien président des Seychelles. Il a décrit de manière saisissante comment, dans son pays, les gens ont désormais peur des pleines lunes. Ce qui est romantique pour beaucoup est devenu une menace pour eux : la montée des eaux, les inondations, la peur bien réelle de perdre leur terre natale. En tant que personne pour qui la liberté est une valeur fondamentale, cette image ne m’a pas quittée.

Peu après, j’ai écouté Venâncio Mondlane, chef de l’opposition au Mozambique, contraint de fuir en exil en raison de persécutions politiques. Il a parlé de répression systématique, de violences allant jusqu’à l’assassinat de compagnons politiques, et du danger qu’il y a à défendre des élections libres et équitables. Et pourtant, il est revenu début 2025 pour faire avancer le changement. Pas de retrait, pas d’abandon — mais une volonté inébranlable de continuer à lutter.

Entre ces impressions, entre la menace existentielle du changement climatique et la répression politique, j’ai compris une chose : l’espoir n’est pas un état passif. L’espoir est une décision. Une décision que des personnes prennent chaque jour, souvent dans des conditions que nous, en Europe, avons du mal à imaginer.

Helena Herzig

Helena Herzig at RenewPAC in Morocco 2026.

© RenewPAC

De délégués à amis : « être réaliste pour être idéaliste »

Au-delà des panels officiels, ce sont les rencontres personnelles qui ont rendu ce voyage si particulier. À Rabat, je n’ai pas seulement rencontré des alliés inspirants de la liberté, mais aussi noué de véritables amitiés.

Ce sont les moments entre les sessions qui restent : les conversations autour d’un repas, les discussions au bar de l’hôtel, ce sentiment de se comprendre immédiatement malgré des origines différentes. L’ouverture, la chaleur et l’hospitalité sincère m’ont montré que les véritables partenariats ne commencent pas sur scène, mais entre les personnes.

Un échange restera particulièrement gravé dans ma mémoire : mes discussions avec Zouhair Belhadi, un jeune politologue du parti hôte PAM. Nous avons parlé de ce qui nous motive. Sommes-nous des idéalistes ou des réalistes ? De cette réflexion est née une idée qui a traversé tout le voyage :« Soyons réalistes pour être idéalistes. »

Il faut le courage de voir le monde tel qu’il est, sans jamais renoncer à croire au changement ni à œuvrer ensemble pour le faire advenir.

Le pouvoir d’agir

Un exemple concret de cet « idéalisme réaliste » a été notre proposition d’un partenariat carbone UE–UA. Avec Oskar Weiß, j’ai présenté l’idée de relier les marchés carbones européens et africains via un mécanisme de marché, basé sur l’article 6 de l’Accord de Paris sur le climat.

Ce qui m’a particulièrement impressionnée : une simple idée a suscité des questions, des réactions, des discussions approfondies. De là ont émergé des pistes concrètes de coopération et de développement. Soudain, il ne s’agissait plus de concepts abstraits, mais de véritables opportunités de progrès commun.

Pourquoi les partenariats de jeunesse comptent pour l’Allemagne

Dans mon travail politique en Allemagne, je retiens surtout une idée centrale : notre regard sur l’Afrique doit fondamentalement changer.

La formule « moins d’aide, plus de commerce » a été l’une des idées les plus marquantes du sommet. Elle incarne un changement de perspective nécessaire : passer de relations donateur-bénéficiaire à un véritable partenariat économique d’égal à égal.

Pour nous, libéraux allemands, cet échange est particulièrement précieux. Le professionnalisme, la modernité et la maîtrise du numérique de partis comme le PAM marocain m’ont impressionné. Nous pouvons et devons apprendre les uns des autres.

Je rentre de Rabat avec une conviction claire : les plus grands défis de notre époque sont mondiaux — et c’est précisément pour cela que nos réponses doivent l’être aussi. Notre avenir est lié.

Pour moi, Rabat n’a donc pas été une conclusion, mais le début de quelque chose de nouveau.