Democratie en Côte d'ivoire
Vendredi Libéral N°1: Regards croisés sur le parlement ivorien

Panelistes_ Vendredi Libéral N°1
© FNF Côte d'Ivoire

Le retour au multipartisme en Côte d’Ivoire au début des années 1990 a provoqué paradoxalement un recul de l’activité intellectuelle par le jeu d’une surexposition, voire d’une surqualification du politique. 

Aujourd’hui, en 2021, les observateurs de la vie nationale sont d’accord pour reconnaître que l’espace public s’est appauvri en se délestant d’une partie très significative de ses animateurs, en l’occurrence les intellectuels et la société civile.

Dans le cadre donc de la promotion de la démocratie et du dialogue politique, la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté a procédé le Vendredi 19 Février 2021 à l’Hôtel Tiama au lancement de sa plateforme d’échanges, de partage d’expériences et de promotion des valeurs démocratiques « Vendredi libéral ».

Le « Vendredi Libéral », auparavant « Jeudi Libéral » vise a donner la parole à des intellectuels, des acteurs de la société civile, des partis politiques, des institutions de la République, des organisations nationales et internationales dans un espace de dialogue et de réflexion ».

Cette cérémonie a été marquée par la présence de haute personnalité dont Monsieur l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, du secrétaire général du Sénat et des représentants de la primature, des ministères et aussi d’Institutions nationales et internationales présentes en Côte d’Ivoire.

Cette cérémonie a été également l’occasion de la présentation officielle de « Moumouné, Institut des Libertés », une société savante qui réunit des experts issus de divers horizons dont l’objectif consiste à replacer l’intellectuel au centre des enjeux nationaux.

La reprise des « Vendredi Libéral » a été marquée par un panel autour du rôle du parlement dans la démocratie ivoirienne.

Ce sujet est dicté par l’actualité des élections législatives du 06 mars 2021 prochain. Celles-ci surviennent après une autre crise sociale liée à la présidentielle d’octobre 2021 où 85 Ivoiriens ont trouvé la mort dans le cadre d’un boycott organisé par une partie de l’opposition ivoirienne.

Dès lors, l’assemblée nationale fait l’objet d’une attention particulière de la part d’un personnel politique qui semblait ne pas en mesurer pas l’importance dans le dispositif institutionnel du pays.

Les experts ont discuté avec le public sur le rôle du parlement ivoirien dans la démocratie, ses forces et faiblesses et sur des pistes de réflexions afin de renforcer sa mission.

D’abord, Dr Geoffroy Kouao, Docteur en droit et écrivain a intervenu sur : « Parlement, Etat de droit et démocratie en Côte d’Ivoire de 1960 à aujourd’hui ». S’imprégnant de l’actualité politique marquée par les législatives prochaines, il a souligné qu’au regard de ses enjeux juridiques, politiques et sociaux, les ivoiriens ne devront pas bouder le scrutin du 06 mars prochain. « Elire un député c’est choisir un entrepreneur juridique et politique. Le député est un acteur de développement car c’est avec la loi qu’on change la société. Il est l’auteur de la loi, législateur par excellence », a-t-il déclaré.

Ensuite, le Professeur Gabin Kponhassia (Professeur en sociologie), exposant sur « Parlement et conflits en Côte d’Ivoire : Quels regard et perspectives ? », il a expliqué que : « de 1960 en passant par l’année 2011 à aujourd’hui, la Côte d’Ivoire continue d’être secouée par des crises sociopolitiques avec les exemples des dernières crises pré et post électorales ». Selon lui, toutes les Constitutions de 1960, 2000, 2016, reconnaissent qu’à la demande du Président de la République ou du tiers des députés, l’Assemblée Nationale peut se constituer en comité secret. « Alors pourquoi, ce comité secret ne pourrait-il pas se former pour une tentative de résolution des crises, qui risqueraient de rompre le lien social entre les ivoiriens ? ».

Enfin, Gisèle Dutheuil, Directrice du Think Tank « Audace Institut Afrique », a présenté un exposé sur le thème: « le régime parlementaire : catalyseur de développement pour l’Afrique ? » Dans son observation de l’impact de la politique dans beaucoup pays Afrique, il ressort que « certains intellectuels seraient amenés à s’interroger sur l’intérêt de la démocratie dans ce continent?».

Sur le plan socioéconomique, elle a également révélé que de multiples études dans le monde entier montrent que la démocratie, dans le cadre de la mondialisation, est le système qui permet le meilleur respect du droit de propriété et aux entreprises de prospérer, en étant ouvertes sur le monde. « Le régime politique peut aussi avoir un impact sur le bien-être des populations en parlant de développement et croissance inclusifs », a-t-elle souligné en invitant la classe politique ivoirienne à y réfléchir et à conceptualiser toutes ces idées en rapport avec l’écosystème politique ivoirien.